Coccinelle_Avec_URLA l’heure à laquelle j’écris cet article, je viens de suivre plus de la moitié de la seconde session des 60 dernières heures requises pour l’agrément et son futur renouvellement. Jusque là, je restais très enthousiaste, satisfaite de ce qu’on nous a présenté. Les journées sur la psychologie de l’enfant ont été très captivantes, l’unique journée sur la fiscalité et les contrats également. Je n’en ai pas appris de plus que je ne savais déjà (tant mieux, les parents pourront être rassurés). Même la journée sur l’hygiène et soins était au fond bien, malgré la présentation par une ancienne directrice de crèche et regroupement de structures collectives… pourquoi je dis cela ? vous allez bientôt comprendre…

En ce 1er février, la journée devait être répartie en deux : repos/sommeil le matin, puis organisation des activités (1ère partie) l’après-midi. La suite se fera en mars sur une journée complète.

Mauvais départ à cause d’un souci de salle (cela peut arriver) on perd 30 minutes en gros. A défaut de rattraper et d’optimiser, la formatrice nous demande de bien nous présenter… nous avons reperdu plus d’1h car nous sommes 21 personnes présentes. Je me dis que cela commence très mal, car s’enchaine la petite pause… je sens que la journée va être speed et bâclée… c’est mon 6ème sens qui se réveille…

Alors le programme va être concentré sur la partie « sommeil » car nous avons une autre journée sur les activités et leur organisation…ok… pour être rapide, ça l’est !
Nous avons fait quelques récap’, mais tout est bien expliqué dans les brochures… (mdr, je m’y attendais)

Lorsque nous émettions des questions entre ce qu’on nous demande et notre réalité d’accueil : « de toute façon, il faut que le jour de l’examen vous répondiez à ce qu’attend le jury » (recrache le manuel et tais-toi, tu rentres dans le moule) Là je commence à trouver le temps long… très long. Quel est l’intérêt alors de se déplacer pour lire ce qu’il y a dans les brochures ???

Nous ferons 1 exercice de mise en situation, 1 seul ! L’épreuve type à l’oral. Formés en petits groupes, nous devions nous concerter et formuler une réponse. Nous avons 15 minutes de préparation. Pendant ce temps, nous avons vu s’éclipser la formatrice avec une cigarette et le portable à la main… no comment 🙁

J’ai oublié de préciser que la formatrice a eu du mal à nous contenir. 21 personnes peuvent avoir envie de papoter de temps à autre. Jusque là, on arrivait à nous remettre dans le droit chemin, de façon naturelle et pédagogue. A plusieurs reprises, elle nous a dit « écoutez, cessez les p’tits bavardages, car sinon nous n’y arriverons pas et ce sera pénible pour toutes. Pour moi c’est déjà insupportable » (là, si t’étais dans une classe de 30 primaires, tu signes ton arrêt de mort avec de tels propos!) Elle a raison, mais quelle erreur pour une ancienne éducatrice !!

Je me rends compte au sortir de ce jour de formation, que je suis restée vraiment déçue et sur ma faim. On nous conditionne pour le CAP. C’est le manuel, point barre ! Mais c’est le système français qui est à remettre en cause.
Entre ce qu’on attend de nous à l’examen et la réalité, chez nous autres particuliers, il y a un énorme fossé… le CAP petite enfance conditionne pour travailler en collectivité, milieu aseptisé au maximum, où la personne devra exécuter les tâches qu’on lui demande, à savoir s’occuper d’enfants, nettoyer et ranger selon le « code ». Par ailleurs, il faut savoir que seules les assistantes maternelles avec CAP ont le droit de travailler en crèche collective ; pas les autres, à défaut en crèche familiale. (discrimination cachée en sorte ?)

Tout comme j’en discutais hier soir avec Françoise Näser*, j’en conclue que l’épreuve de CAP à laquelle nous devons participer n’est pas franchement adaptée à notre quotidien. Le pire, elle est censée représenter notre profession. On nous parle d’idéal de sécurité et d’hygiène, éventuellement de sensibilité affective, mais surtout pour de grandes structures, appelées collectivités. Nous devons faire en sorte de nous rapprocher de cet « idéal » mais avec les moyens du bord. (frustrant non ?)

Nous autres, assistantes maternelles, proposons un côté familial contre une option « usine »… Je pense de plus en plus que les formations devraient être remises au goût du jour concernant notre profession, plus approfondies et mieux suivies. Car ce qui est oublié et très peu abordé : la solitude dans le travail des assistantes maternelles. Nous ne sommes pas en collectivité, mais bel et bien de petits satellites gravitant dans la nature. Parfois, ces satellites sont en orbites autour de MAM, de RAM (beurk quelle horreur) ou entre eux… mais c’est tout !

De toute façon, au vu de notre statut reconnu les années bisextiles, l’éducation nationale n’est pas prêt de regarder notre petit cas de figure…elle a d’autres soucis plus importants 🙂 mais nous sommes pourtant la base de départ dans la vie de beaucoup d’enfants… ne l’oublions pas !!

*En plus d’être assistante maternelle, Françoise Näser est l’auteur du livre « Une vraie vie de nounou » et également chroniqueuse pour l’Assistantes Maternelles Magazine.

 

 

5 thoughts on “Formation… on en parle ?

  1. ah bibinou que de verites …
    chouette article et si vrai,moi aussi ma formation (deuxieme partie des 60 h)est source de bavardages inutiles, de biscuits et de gateaux maison,de cafe et de the, et presentation interminables…on se contente d’evoquer les sujets les uns apres les autres, mais a aucuns moments,on n’est mis en condition pour l’examen du cap.Pire,parfois on a plus l’impression d’assister a un cours de psychologie de l’enfant,voir de l’exposition du vecu personnel de chacun avec ses propres enfants.Pourtant,meme si l’on s’enrichit des experiences des unes et des autres, la formation n’est pas la place a une sorte de therapie collective de nos difficultes parentales….mais bien de preparer a un examen du cap petite enfance…formation couteuse a la collectivite,celle ci n’est pas adaptee veritablement a notre metier car nous exercons en milieu familial et de la vient toute la difference …

  2. quel témoignage criant de vérité et qui reflète parfaitement ceux que j’ai entendus et dont je me suis inspirée pour écrire le chapitre formation de mon livre !
    Mais je reste optimiste : il est impossible qu’on ne se penche pas sérieusement, à un moment ou à un autre, sur la formation des assistants maternels, tant en terme de quantité que de qualité .
    Notre principale problème au quotidien, et notre immense richesse en même temps, c’est notre accueil de type familial. Rien à voir en effet avec le CAP petite enfance : toutes mes collègues qui l’ont passé en sont très fières et disent en même temps qu’il ne correspond pas à la réalité de notre travail .
    Trouver une vraie formation pour l’accueil familial = un chalenge à relever ? Une vraie formation, un vrai diplome, une vraie reconnaissance !

  3. j’aime les défis… en se fixant des objectifs, des buts, des « rêves », nos restons positifs et constructifs ! même si certains ne se réalisent que partiellement ou pas du tout. C’est ainsi que nous avançons si nous souhaitons nous en donner la peine 🙂

    chaque jour, j’explique mon métier (nouveau depuis 2 ans, mais enfoui au plus profond de moi depuis longtemps, car j’ai toujours voulu enseigner, partager…même dans le prêt à porter)!Et je suis très engagée dans mes démarches. Je lis, me renseigne, échange avec des collègues en France, observe leurs créations… je cumule, assemble, trie, pour créer moi-même, ou bien me faire ma propre opinion. Je m’auto-forme.
    Lorsque je suis allée pour la première fois en formations, il y a plus de 2 ans… j’en savais déjà un sacré rayon sur mon futur travail tout en étant novice dans le domaine…
    L’auto-formation et le désir de le faire devrait être un critère avant de démarrer. Resteront ainsi les motivées et passionnées 😉

    1. j’ajouterai encore une chose : que nous soyons toutes logées à la même enseigne et que nous suivons toutes le même programme, quelles que soient nos origines professionnelles… valable aussi pour le secteur médical (médecin, infirmiere, détentrice de CAP ou Brevet sanitaire et social…) pas de distinctions, car les piqûres de rappel ne font de mal à personne !

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